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| Rassemblement "Notre santé en danger", Paris, 14 avril 2012 |
L'explication de vote de Jacqueline Fraysse, au nom des député-e-s Front de gauche du groupe GDR :
" Ce premier
PLFSS présenté par le nouveau gouvernement, est très
préoccupant parce
qu’il ne contient pas de mesure permettant d’engager les
réformes structurelles nécessaires au financement équilibré et durable d’une protection sociale de qualité
pour tous.
Le nombre grandissant de malades obligés de différer ou de
renoncer à des soins aurait dû conduire à des mesures fortes pour enrayer ce
processus.
De même, la situation extrêmement dégradée des hôpitaux publics
aurait exigé des mesures immédiates en leur direction.
Ce n’est pas le cas parce que ce texte ne contient aucune mesure ambitieuse
permettant de dégager les moyens d’un financement à la hauteur des besoins.
Vous avez refusé tous nos amendements visant à la fois, des recettes nouvelles pour la
sécurité sociale, davantage de justice, des investissements utiles et une lutte
résolue contre la spéculation financière, en nous renvoyant systématiquement à
une grande réforme du financement de la protection sociale.
Vous avez refusé de mettre à contribution les revenus des
placements financiers des banques et des entreprises qui spéculent ; en
revanche et en dehors de tout cadre, vous n’hésitez pas à instaurer
immédiatement une nouvelle contribution de solidarité pour l’autonomie dont
devront s’acquitter les retraités imposables !
Evidemment, sans moyens financiers nouveaux, pas de possibilité de
redresser la situation désastreuse laissée par les gouvernements précédents et
encore moins d’instaurer de nouveaux droits.
Ce renoncement sur le fond, face aux puissances d’argent, vous
conduit à renoncer aux mesures courageuses indispensables pour avancer.
C’est ainsi que l’objectif de dépenses d’assurance maladie
consacré aux hôpitaux pour 2013 reste encore cette année, très
inférieur à ce qui aurait été nécessaire ne serait ce que pour maintenir
l’existant ! Il ne permettra pas d’enrayer la dégradation importante des
conditions de travail des soignants, de l’ensemble du personnel et de l’accueil
des patients. Les difficultés vont donc s’aggraver.
De même, vous renoncez à remettre en cause les franchisesmédicales et
autres forfaits qui pèsent d’abord sur les plus
modestes et plus globalement sur l’accès aux soins de nos concitoyens.
Et ce n’est pas le contenu de l’accord que vous avez accepté sous
la pression des syndicats médicaux et sans la présence des représentants des
usagers, qui remettra en cause les dépassements d’honoraires à la charge des
patients. Au contraire, il les entérine et le risque est grand
de les voir se multiplier.
Vous avez renoncé également à revenir sur le
jour de carence imposé
aux agents de la fonction publique, sur la révision des indemnités
journalières en cas de maladie, pas
même sur la scandaleusefiscalisation
des indemnités d’accident du
travail contre laquelle vous vous étiez portant indignés à juste titre.
Certes, ce texte contient quelques mesures positives que nous
avons bien sûr votées, comme par exemple le remboursement à 100% de l’IVG pour
toutes les femmes qui y ont recours, l’annonce de la réintroduction dans les
textes de la notion de service public hospitalier, ou celle de la fin de la
convergence tarifaire.
Mais vous n’avez pas commencé à réduire les exonérations de
cotisation sociale sur les bas salaires qui pèsent pour plus de 20 milliards
d’euros sur les finances publiques et tirent toutes les rémunérations vers le
bas. Finalement, le manque de moyens et la logique comptable restent à l’œuvre.
Force est de constater malheureusement, que ce premier PLFSS
n’envoie aucun signe de rupture résolue avec les dogmes précédents.
Il est encore et toujours inscrit dans une perspective
de déficit chronique envisagé
jusqu’en 2017, avec de surcroit, des prévisions de croissance et de masse
salariale qui ont hélas bien peu de chance d’être atteintes et viendront
aggraver encore les chiffres que vous nous présentez.
Si l’on ajoute à tout ça, le fait que la T2A s’applique toujours
dans le cadre de la loi Hôpital, patient, santé
Territoires que
vous n’envisagez pas d’abroger, c’est peu dire que nous sommes déçus.
Nous ne pouvons pas accepter ces choix qui ont été si
massivement rejetés par nos concitoyens.
Ces derniers se sont majoritairement prononcé pour le changement
et vous leur avez dit « c’est maintenant »
Pour toutes ces raisons (et avec regret), les députés du front de
Gauche (du groupe GDR) voteront contre ce texte qui ne peut pas permettre à
la gauche de réussir."
Plus d’info dans Le Lien , avec les amendements du Front de
gauche rejetés par le PS (et bien sûr par la droite) à l’Assemblée nationale.

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