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mardi 4 septembre 2012

Courrier au Ministre Michel Sapin à propos des Papeteries de la Seine


Courrier de Brigitte Gonthier-Maurin, Sénatrice des Hauts-de-Seine (Groupe Communiste Républicain et Citoyen) et de Nadine Garcia, Conseillère générale, à Monsieur Michel Sapin Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social concernant les papeteries de la Seine à Nanterre 

Nous apprenons avec consternation que vous avez accordé l’autorisation sollicitée par le groupe SMURFIT KAPPA pour le licenciement des salariés protégés de l’entreprise « La papeterie de la Seine », alors que l’Inspection du Travail l’avait refusée à deux reprises au motif notamment de l’absence de Réels motifs économiques ou de sauvegarde de la compétitivité de L’entreprise. 

Depuis 2005, le groupe SMURFIT KAPPA, leader européen de l’emballage, a fermé plus de 7 sites en France alors que dans le même temps, il investissait massivement sur d'autres sites hors de France. Sur les trois dernières années, ce groupe a enregistré de confortables résultats : un chiffre d’affaires en progression de plus de 21%, qui passe de 6,1 milliard d’euros à 7,4 milliards d’euros entre 2009 et 2011, une trésorerie dégagée par l’activité de plus de un milliard d’euros en 2011, en forte amélioration (741 millions d’euros en 2010). 

Une fois de plus, nous sommes confrontés à un groupe côté en bourse qui préfère sacrifier les emplois en France pour privilégier des actionnaires. Par un courrier en date du 8 août, les salariés de « La papeterie de la Seine » vous ont interpellé pour vous exprimer combien la fermeture de leur usine de Nanterre était choquante pour les 105 salariés et leur famille, victimes d’une Délocalisation qui ne porte pas son nom. Ils vous expliquaient que « l’expertise demandée par le CHSCT a mis en évidence des difficultés de reclassement et des situations extrêmes, auxquelles le cabinet de reclassement ne peut répondre à lui tout seul et que l’expert préconisait le maintien des Instances Représentatives pour s’assurer que tous les moyens seront mis en œuvre afin d’éviter des situations critiques et maintenir un lien avec les salariés. » 

Ils insistaient sur le fait que « Dans ce contexte, l’action des représentants du personnel protégés reste primordiale et que les Instances Représentatives et les organisations syndicales ont accompagné sur le plan juridique les nombreux salariés qui contestent à juste titre leur licenciement. » Ils soulignaient enfin que « les Instances représentatives et les organisations syndicales souhaitent, à travers leurs actions, se prémunir de nouvelles fermetures et protéger ainsi les trois derniers sites papetiers du Groupe en France (Rethel, Saillat et Alfa d’Avignon). » 

Ils n’ont reçu comme seule réponse de votre part que l’envoi de lettres de Licenciements. Vous comprendrez leur émoi, tant ces salariés comme tant d’autres ont placé un grand espoir et une attente forte dans l’avènement d’un gouvernement de gauche dans notre pays. Ils aspirent notamment à la conduite d’une toute autre politique que celle conduite précédemment, à un soutien, des décisions politiques pour encadrer les licenciements économiques, de nouveaux droits leur donnant la possibilité de contester les motifs lorsque qu’un groupe bénéficiaire ne recherche qu’à accroître sa rentabilité et ses profits, au détriment des emplois et des compétences. 

Nous vous demandons de nous recevoir de toute urgence. Dans cette attente, nous vous prions d’accepter, Monsieur le Ministre, nos Respectueuses salutations. 
Nadine Garcia 
Brigitte Gonthier-Maurin

jeudi 9 août 2012

Les salariés des Papeteries de la Seine écrivent au Ministre du Travail

2 juillet 2012 : syndicalistes, élu-e-s et militant-e-s du Front de gauche dans un rassemblement de soutien aux salariés des Papet' devant le Tribunal de Nanterre où ils assignent le groupe industriel SMURFIT KAPPA, contre le licenciement de salariés.


Le bras de fer continue entre la direction du groupe SMURFIT KAPPA et les salariés des Papeteries de la Seine qui dénoncent le licenciement boursier dont ils sont victimes. Représentants syndicaux et élus au Comité d’établissement viennent d’adresser une lettre au Ministre du Travail, de la Formation professionnelle, de l’Emploi et du Dialogue social, dans laquelle ils lui demandent notamment de refuser la demande du groupe industriel de remettre en cause les décisions de l’Inspection du Travail :

« Vous êtes sollicité par le groupe SMURFIT KAPPA pour remettre en cause les décisions de l’Inspection du Travail qui a refusé à deux reprises le licenciement des salariés protégés au motif notamment de l’absence de réels motifs économiques ou de sauvegarde de la compétitivité de l’entreprise.
La fermeture de notre usine de Nanterre est choquante pour les 105 salariés et leur famille, victime d’une délocalisation qui ne porte pas son nom.
Depuis 2005, le groupe SMURFIT KAPPA, leader européen de l’emballage, a fermé plus de 7 sites en France alors que dans le même temps, le groupe investissait massivement sur les autres sites hors France. Sur les trois dernières années, ce groupe a enregistré de forte progression et dégagé de confortables résultats. (…)
La fermeture de notre usine, après de nombreuses tergiversations et espoirs donnés aux salariés d’une future reprise, a mis les salariés dans une situation très difficile. L’expertise demandée par le CHSCT a mis en évidence des difficultés de reclassement et des situations extrêmes, auxquelles le cabinet de reclassement ne peut répondre à lui tout seul. L’expert préconisait le maintien des Instances Représentatives pour s’assurer que tous les moyens seront mis afin d’éviter des situations critiques et maintenir un lien avec les salariés. 
Dans ce contexte, l’action des représentants du personnel protégés reste primordiale.
 
De plus, les Instances Représentatives et les organisations syndicales ont accompagné sur le plan juridique les nombreux salariés qui contestent à juste titre leur licenciement.
Enfin, les Instances représentatives et les organisations syndicales souhaitent, à travers leurs actions, se prémunir de nouvelles fermetures et protéger ainsi les trois derniers sites papetiers du groupe en France (Rethel, Saillat et Alfa d’Avignon). »

Lire l'intégralité de la lettre envoyée le 8 août par les salariés à Michel Sapin :

lundi 2 juillet 2012

Papeteries de la Seine : Communiqué de presse de J.Fraysse


Nanterre, le 2 juillet 2012

Jacqueline Fraysse entend manifester sa solidarité envers les anciens salariés des Papeteries de la Seine qui, ce jour, poursuivent leur employeur, le groupe Smurfit Kappa, devant le tribunal des prud’hommes de Nanterre pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse ». 

Madame la députée considère en effet que l’argument économique avancé en juillet 2011 par Smurfit Kappa pour fermer les Papeteries de la Seine n’est ni crédible, ni recevable. Personne ne peut croire que cette usine puisse ne pas être rentable, alors même qu’elle était en situation de monopole dans toute l’Ile-de-France pour le recyclage du papier cartonné, qu’elle recyclait annuellement 190 000 tonnes de vieux papiers permettant de produire 160 000 tonnes de carton, et qu’elle était idéalement située à proximité de la Défense, un pôle d’affaires dont les besoins sont particulièrement importants, et de la Seine, ce qui lui permettait de bénéficier des avantages du transport fluvial, à la fois écologique et économique. 

Plus sûrement, le groupe Smurfit Kappa, qui a pour ces terrains si bien situés d’autres projets bien plus rentables à court terme, a laissé les Papeteries mourir à petit feu en refusant tout investissement. Il a été en cela grandement encouragé par l’ancienne majorité gouvernementale qui n’a jamais caché son ambition de poursuivre dans cette direction l’extension de la Défense, allant jusqu’à placer en mai 2010 les terrains occupés par les Papeteries en zone d’aménagement différé, et qui a toujours rejeté les projets alternatifs présenté par la ville de Nanterre, la région et l’Établissement public d’aménagement de la Défense Seine Arche, qui proposaient notamment la création d’une unité de production d’ouate de cellulose à même de compléter l’activité de recyclage. 

 Les salariés des Papeteries de la Seine, licenciés du jour au lendemain après avoir été laissés deux ans dans l’expectative, ne sont pas les seules victimes de cette recherche du profit à court terme. Avec cette fermeture, l’Ile-de-France a perdu l’un de ses deux centres de recyclage des papiers et cartons, alors même que le plan régional d’élimination des déchets impose de les traiter à 75 % dans la région. Aujourd’hui, c’est pourtant à Rouen qu’une partie des papiers recyclés par l’usine de Nanterre est maintenant acheminée. 

Contact presse : Gilles Mortreux

vendredi 29 juin 2012

Papeteries de la Seine : la bataille continue sur le terrain juridique

En 2011, les excellents résultats du groupe Smurfit Kappa, leader européen de l’emballage, et les propos ambigus des dirigeants avaient laissé espérer aux salariés le redémarrage de leur usine de Nanterre. Les salariés ont été trahis : ils espéraient la réouverture du site après les périodes de chômage partiel, et finalement la direction du groupe SMURFIT KAPPA a décider de fermer définitivement ce site historique. 

C’est pour contester les motivations de cette décision et leur licenciement que des salariés de la Papeterie de la Seine se retrouvent aujourd’hui devant le Conseil des Prudhommes de Nanterre. Cette décision est d’autant plus choquante que le groupe SMURFIT KAPPA a enregistré de fortes progressions sur les trois dernières années et dégagé de confortables résultats : 
  • Un chiffre d’affaires en progression de plus de 21%, qui passe de 6,1 milliard d’euros à 7,4 milliards d’euros entre 2009 et 2011, 
  • Une trésorerie dégagée par l’activité de plus de un milliard d’euros en 2011, en forte amélioration (741 millions d’euros en 2010).
Il n’y a donc pas de difficulté économique pour ce groupe dont les résultats progressent d’année en année et qui se comptent en centaines de millions d’euros. La fermeture n’était donc pas justifiée ainsi que les licenciements des 105 salariés. Une fois de plus, nous sommes confrontés à un groupe côté en bourse qui préfère sacrifier les emplois pour privilégier les actionnaires. 

On peut s’interroger sur les véritables motivations des dirigeants du groupe SMURFIT KAPPA. En effet, ce groupe va récupérer 17 hectares en centre ville de Nanterre. Au prix du mètre carré, on préfère manifestement réaliser un profit immobilier plutôt que de maintenir une activité importante pour la région parisienne. Le prix de mètre carré serait-il plus rentable qu’un salarié? 

D’ailleurs l’Inspection du Travail ne s’est guère trompée et n’a pas été dupe : elle a refusé à deux reprises d’autoriser les licenciements pour les salariés protégés. 105 familles se retrouvent dans la plus grande détresse et pour la plupart d’entre eux à la rue car ils étaient logés par la Papeterie de la Seine.

Venez soutenir les salariés des Papeteries de la Seine :
Lundi 2 juillet à 9h00
devant le tribunal des Prud’hommes
2 Rue Pablo Neruda. Nanterre